Voilà le résumé de ces deux derniers jours:
D'abord, je vous parle de Lulu. Hier, samedi, j'en ai appris un peu plus sur sa maladie neurologique : les docteurs ont mis un nom dessus : il s'agit du syndrome Guillain Barré. Je vais tâcher de vous expliquer cela au mieux. Son médicament anti-rejet (le Prograf) a été surdosé. Cela a entraîné un problème immunitaire au niveau des cellules qui couvrent les nerfs ( la myéline, je crois)
D'après "Wikipédia", voilà des détails supplémentaires, que je vais commenter entre parenthèses d'après les dires des docteurs : "Le trouble, communément appelé syndrome de Guillain-Barré, est une maladie rare (plus fréquente chez les transplantés) qui affecte les nerfs périphériques de l'organisme. Il se caractérise principalement par une faiblesse, voire une paralysie et s'accompagne souvent de troubles sensitifs à type d'hypoesthésie en « gants » et en « chaussettes »( Depuis trois jours , Lucie "s'épluche" les mains qu'elle imagine recouverte de peaux mortes et de liquide gluant ; elle croit aussi que ses ongles tombent, que ses doigts sont recouverts de cloques qu'elle essaie de percer - ça, c'est l'hypoesthésie en "gants"- elle a besoin aussi de frotter ou toucher ses pieds car elle imagine que ses pieds sont chaussés de sabots de type "crocs", mais fabriqués en grillage et elle est ennuyée que son petit orteil passe à travers les trous du grillage - ça, c'est l'hypoesthésie en "chaussettes"-). Le syndrome se manifeste de manière sporadique. Il est imprévisible et peut survenir à tout âge, indépendamment du sexe. Dans la majorité des cas, les personnes atteintes récupèrent leurs capacités physiques au bout de 6 à 12 mois (dans le cas de Lulu, le problème a été découvert assez rapidement, donc elle devrait guérir plus vite)."
Pour la soigner, les infirmiers lui injectent du "KIOVIG" : ce sont des anti-corps sensés renforcer son système immunitaire défaillant.
Samedi soir, Michel nous a rejoint, après une longue route sous la pluie et au milieu des bouchons... Il avait rapporté pour Lulu un "salambo", dont elle avait envie depuis un moment et que Merlin, après avoir fait le tour des pâtisseries de Toulouse n'avait pas trouvé ! Heureusement que son pôpa Michel a fait 890 km poour lui apporter son dessert ! Depuis qu'il est là, je ne prends plus le métro ou le bus, il m'emmène à l'hôpital ou au commissariat, grâce à son GPS, et il me soutient moralement ...
Ce dimanche matin, quand nous sommes arrivés, c'était encore pire : nous l'avons trouvé en travers de son lit en proie à des hallucinations. D'après elle, son lit fait de plaques de fer était plein de trous, elle croyait être assise dans le vide et racontait un tas de choses incohérentes... De temps en temps, elle avait un court passage lucide et repartait aussitôt dans ses délires : elle croyait que son chien sautait sur son lit pour la lécher ou bien qu'elle discutait avec Fleur au sujet de dessins qu'elles avaient fait, etc... C'était très éprouvant ! Je reste le plus possible auprès d'elle ( je suis venue pour cela) car elle est incapable de manger et boire seule, je lui brosse les dents, lui nettoie les mains, qu'elle croit engluées...
Cet après-midi, après trois heures de sieste, elle avait repris ses esprits -partiellement- et riait des hallucinations que nous lui racontions... Le personnel est vraiment très gentil et vient la voir régulièrement, le docteur qui est passé aujourd'hui et à qui j'ai confié mon désarroi au sujet de son comportement lui a fait passer un scanner cérébral en plus pour confirmer le diagnostic, mais nous n'aurons les résultats que demain.
En début d'après-midi, pendant que Lulu dormait, je suis allée visiter le.....Commissariat Central !
J'étais en effet convoquée par un brigadier (une brigadière exactement !), car j'ai été témoin de la défenestration du patient de la chambre voisine de celle de Lulu hier samedi. Une enquête a été ouverte. Quelle horreur ! Heureusement, le monsieur n'est pas mort, malgré sa chute du deuxième étage sur le goudron du parking. J'avais bien besoin de cela en plus ! Les personnels des hopitaux devraient être bien plus considérés avec ce qu'ils vivent parfois ... Bon je m'arrête pour ce soir, avant de vous miner le moral, mais j'aimerais bien voir la vie en rose dans la ville rose !
